Turbulence

Pour une des rares fois, l’humanité tout entière fait face à un ennemi commun.

Curieusement on nous parle de « distanciation sociale » mais ne devrions-nous pas dire « distanciation physique » plutôt que sociale?

Malgré cette zone de turbulences qui durera, sans aucun doute, quelques mois tout au mieux, ne voilà-t ’il pas une belle occasion pour se rapprocher socialement?

Pour se rapprocher socialement il n’est pas essentiel en 2020 d’être ensemble physiquement.

Un bel exemple que je vis quotidiennement est le CPE (Centre de la petite enfance) dont ma petite fille jouit des services.

Une belle équipe dynamique qui n’a pas tardé à mettre en place un groupe privé sur Facebook pour les parents. Clips vidéo d’éducatrices, trucs pour garder les enfants actifs (et les parents et grands-parents aussi 😊) et des photos et témoignages de parents, nous stimulent à maintenir le cap à occuper, de façon éducative et positive, nos enfants privés de ce service combien important.

Bon an, mal an, nous apprenons à mieux nous connaître et à mieux nous apprécier. Ce CPE est dorénavant une petite communauté tissée serrée (comme on dit).

Panique et prudence débutent par la mettre lettre et c’est la seule chose que ces deux mots ont en commun.

D’ailleurs, j’ai été appelé à agir en tant que « proposé à l’accueil » dans un CLSC de Montréal pour aider une agence de sécurité qui a été entraîné dans ce grand remous. Officiellement, j’agis comme agent de sécurité mais je n’aime pas ce terme. Ce n’est pas de la sécurité qui est en cause mais plutôt un besoin de rassurer les gens et leur faire comprendre la situation actuelle. Leur faire comprendre l’importance de la prudence et que, au bout du compte, on va tous traverser cette crise. On va la traverser tous ensemble et indemnes si nous demeurons prudents.

Déguisé comme pour aller à la guerre biologique (jaquette, masque, Purell, gants, lingettes désinfectantes), j’accueille les gens en leur posant les questions usuelles. De l’insouciant au paranoïaque, je dois ajuster mon discours pour qu’ils comprennent l’importance d’être prudents ou, encore, de les rassurer.

Jusqu’à cet itinérant qui a besoin, tout simplement, d’aller à la toilette (située à quelques pieds de l’entrée) et que l’on doit bien encadrer (lavage de mains à l’entrée, dépôt de son manteau et sac à dos par terre, lavage des mains à son retour, ramassage de ses affaires et il quitte les lieux). Tout cela avec un ton compatissant et un « passez une bonne journée ». Puis, vite vite vite, aller désinfecter tout ce qu’il a pu toucher dans la salle de bain.

Ou encore ce livreur qui dit ne pas avoir besoin de se laver les mains puisqu’il porte des gants. Oui mais, monsieur, je ne sais pas ce que vos gants ont touché avant d’entrer ici. Ah! oui, vous avez raison.

La clé de tout cela se résume en un seul mot, ATTITUDE. Et, selon moi, la notion de gros bon sens est de mise.

Socialement, nous n’avons jamais été aussi près les uns les autres tout en étant aussi loin physiquement.

L’être humain est capable du pire mais aussi du meilleur, surtout lorsqu’il n’en a pas le choix.

Est-ce que la nature serait en train de nous gifler en plein visage ? Qui sait ? La pollution industrielle est, soudainement, en forte baisse partout dans le monde. La couche d’ozone semble profiter de ce moment de répit. En espérant que l’humanité en tirera une leçon une fois que le tout ne sera plus qu’un mauvais rêve.

C’est comme un train qui passe, bruyant et colossal. Il devient notre choix personnel d’embarquer dans le train pour aider à traverser cette zone de turbulences ou de le regarder passer en suivant les multiples consignes.

Pour les gens qui ne savent pas encore qu’il y a ce train qui passe, de grâce, réveillez-vous!

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