Le télétravail : Bienvenue dans le nouveau monde

Les gens de ma génération se rappelleront les occasions ou papa ou maman apportaient du travail à la maison pour pallier une surcharge de dossiers à traiter pour respecter les échéanciers.

Le coffre arrière de l’automobile plein de dossiers, de papiers, une grosse calculatrice électrique et un carnet plein de notes, voire même une dactylo enfouie dans un sac étaient nécessaires pour accomplir les tâches et rattraper le retard.

Il a toujours été commun de travailler à la maison, dans certaines occasions particulières, pour rester productif et pour respecter ce en quoi notre chèque de paie est l’aboutissement.

Cependant, ce temps dédié au travail n’était pas, dans la majorité des cas, rémunéré. Tout au plus, une reconnaissance de son patron qui, par ricochet, contribuait à maintenir une sécurité d’emploi.

Il en est de même lors d’événements fortuits comme, par exemple, les caprices de dame nature annonçant une méga tempête de neige forçant des travailleurs à « apporter de l’ouvrage à la maison ».

Ne pas oublier qu’aucune entreprise n’est à l’abri des aléas de la vie. Le déluge vécu au Saguenay, alors qu’un barrage a cédé en 1996, ou la tragédie de la tour à bureaux de la Plaza Alexis Nihon en 1986, rasée par le feu, ne sont que deux cas hautement médiatisés qui rappellent aux entrepreneurs l’importance d’un plan de mesures d’urgence et de continuité des affaires et que ces derniers soient maintenus à jour. Qui sait ? Il en va peut-être de la survie même de votre entreprise ?

Les imprudents, voire téméraires, qui se disaient que rien ne pouvait leur arriver sont bien mal pris en ce temps de turbulences majeures causées par cette pandémie qui nous a tous pris par surprise et qui a figé l’économie presque tout entière en forçant la fermeture de plusieurs commerces et entreprises.

Pendant des années on a observé beaucoup de scepticisme et de réticence de la part des employeurs à l’égard du télétravail pour de multiples raisons. 

La plus importante étant la perte de performance de ses employés mais il faut penser aussi à la perte de loyauté, une baisse du sentiment d’appartenance et un esprit d’équipe diminué.

L’ère du télétravail, qui existait déjà depuis quelques années, devient un nouveau mot au vocabulaire de bien des gens. Une nouvelle réalité, un nouveau monde à explorer et à apprivoiser. Mais il demeure que le plus grand défi est la capacité d’évaluer le rendement des employés en télétravail, dont ;

  • Le respect des échéances;
  • La productivité globale de l’employé;
  • La progression des travaux personnels ou d’équipe;
  • La disponibilité pour recevoir et retourner ses appels;
  • Le maintien du service à la clientèle;
  • La capacité d’assister aux réunions, même dans un court délai.

De plus en plus de compagnies font appel à ce mode de vie pour, soit attirer des candidats de choix en leur offrant la conciliation travail/famille, attirer la perle rare qui a une mobilité réduite ou soit assurer la productivité de ses employés (même en situation de crise). Un employé heureux sera plus enclin à être un employé loyal et dévoué, et ce, pour de nombreuses années. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la rétention de son personnel devient un défi que le télétravail, lorsque possible, permet d’atteindre.

Il est facile aujourd’hui de rester en contact et de mettre en place quelques bonnes pratiques en ce sens, dont ;

  • La distribution des tâches;
  • Le suivi sur les livrables;
  • La gestion du temps;
  • La priorisation des actions à accomplir;
  • La délégation (en cas d’absence);
  • La gestion de la procrastination.

Les vidéoconférences deviennent alors un essentiel. Que ce soit une séance quotidienne de remue-méninges entre collègues, un face à face avec son gestionnaire ou, tout simplement, prendre des nouvelles de ses camarades de travail. Sans une communication efficace et soutenue, le télétravail sera voué à l’échec.

On apprend que la pandémie causée par la Covid-19 a forcé la réorganisation massive du travail des employés de la fonction publique. Ainsi, 60% des 65,818 employés de l’État travaillent à domicile. Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique disait « On sait désormais que le potentiel en télétravail, c’est 71 %. […] L’enjeu, c’est maintenant de mettre en place des infrastructures pérennes. ».

Le télétravail n’est plus donc qu’un rêve proposé par quelques visionnaires que l’on pouvait, peut-être, croire fous, mais bel et bien une réalité incontournable.

Jean-Marc Beaudoin
Votre assistant virtuel